Terminologie utile

La rigueur d'une terminologie

L'emploi d'une terminologie rigoureuse est d'une importance fondamentale dans le domaine biologique. Sous un terme se trouve un concept. En matière scientifique, c'est un concept scientifique. Et la rigueur en la matière permet d'éviter des contresens dans la compréhension des concepts.

Ainsi l'appellation « Electro-Hyper-Sensible » pour le sigle EHS (électrohypersensitif), pour quelqu'un qui souffre des ondes, a été utilisée par les premières personnes atteintes d'un SICEM (Syndrome d'Intolérance aux Champs ElectroMagnétiques) mais n'ayant pas de connaissance en biologie et confondant ressentis et origine des ressentis. Elle est aujourd'hui reprise par les opérateurs qui ont intérêt à ce que les plaintes des personnes EHS dans les champs électromagnétiques de la téléphonie mobile soient liées à des tares inhérentes à ces personnes ("problèmes psychiatriques", "dysfonctionnement du système nerveux", etc., comme on a souvent entendu proclamer du côté des amis des lobbies ...).

 

C'est pour cette raison que le Pr Dominique BELPOMME (ARTAC) a créé le terme SICEM qui est repris dans plusieurs pays du monde à présent.

Dans une lettre (du 24 octobre 2012) qu'il adresse à la future présidente de l'AFM-SICEM, la remerciant pour l'action qu'elle mène, il insiste sur cette distinction et écrit ces lignes :

" Ainsi parler d’électrohypersensibilité c’est derechef culpabiliser le malade, soit parce qu’il est génétiquement "condamné" à ne pas tolérer les champs électromagnétiques, soit parce qu’il a abusé du portable, du DECT ou de l’ordinateur, et donc que l’excès d’exposition lui incombe.
Les ONG qui n’ont pas compris cette différence essentielle et qui de ce fait, continuent à mettre en exergue l’électrohypersensibilité, autrement dit à clamer partout que les malades sont des EHS, ne se rendent pas compte qu’ils contribuent à faire exactement l’inverse de ce qu’il conviendrait de faire. En faisant cela, ils incitent les pouvoirs publics à ne pas prendre des mesures de restriction et de protection concernant la pollution électromagnétique, puisque les malades dits "EHS" sont considérés être atteints d’anomalies naturelles, pour lesquelles on ne peut rien, si ce n’est au plan médical leur procurer une consultation de psychiatrie ! "

 

Les Anglophones font bien la différence entre «electrohypersensibility» et «electrosensivity» ou «electrohypersensitivity» ou encore  «electromagnetic hypersensitivity». Les Allemands, quant à eux, ont adopté le terme de EMF Syndrom (Elektro-Magnet-Felder Syndrom).
La traduction française d' «électrohypersensibilité» à partir du terme anglais «electrohypersensitivity» est fausse et très dangereuse car elle glisse vers des dérives qui consisteraient à considérer la sensibilité comme étant une tare, voire une maladie puisqu'elle serait liée à une souffrance. L'équivalent français du mot anglais est en toute rigueur : «électrohypersensitivité».

La Science de l'écologie, donne une excellente définition de la sensitivité par rapport à la sensibilité :
« La sensitivité, et non la sensibilité, réfère à l'amplitude de réaction d'un système face à un évènement extérieur. » (Source)

Il est plus usuel, en écologie, de définir les concepts et la terminologie de manière rigoureuse car les impacts environnementaux nombreux bouleversent le fonctionnement des écosystèmes, ce qui touche plus particulièrement les naturalistes, l'être humain étant malheureusement, à notre époque, moins protégé que les animaux et les plantes rares...

Un peu de science...

Dans l'espèce humaine, la sensibilité est un état général de la personne. On parle de sensibilité somatique pour celle qui concerne la peau, les muscles, les os, les tendons et les articulations. Les autres sensibilités portent sur la vision, l'audition, le système vestibulaire (de l'oreille interne sensible aux changements de position de la tête) et la sensibilité chimique. Pour qu'il y ait un ressenti chez la personne, il faut qu'il y ait des récepteurs sensitifs. Ces récepteurs peuvent répondre à des stimulations mécaniques, thermiques, chimiques ou électriques. Mais toute partie sensible du corps humain ne produira pas pour autant des réactions sensitives sous l'action de stimuli : par exemple le foie, organe très important du corps humain, ne possède pas de récepteurs sensitifs ... donc dire qu'on a « mal au foie » est une erreur puisque l'on ne ressent rien au niveau du foie quand celui-ci est malade.

La sensibilité chimique porte sur le goût et l'odorat. Il existe des individus qui n'ont pas du tout d'odorat (cela s'appelle l'anosmie). Il s'avère que ces individus présentent des anomalies génétiques sur le chromosome X ainsi que sur les chromosomes 8 et 20, ce qui peut engendrer un syndrome de Kallmann. Ce syndrome est une pathologie se manifestant par l'absence de formation des bulbes olfactifs ainsi que par celle de régions du cerveau intervenant dans la régulation des hormones sexuelles. (Source : Physiologie humaine, Widmaier et al., 2013, éditions Chenelière Education-Canada et Maloine-France).

On peut ainsi se poser les questions suivantes : l'électrohypersensibilité qui semblait exister chez les premiers hommes dotés de capacités naturelles d'orientation, ne se serait-elle pas perdue par suite de modifications voir d'altérations du génome ? Ainsi, en extrapolant : serait-il possible de parler de pathologie chez les personnes ne présentant aucune électrohypersensibilité qui est une capacité naturelle d'alerte et de défense d'un corps humain ? Les travaux de la Recherche scientifique apporteront certainement des réponses sur ces questions dans un proche avenir.
C'est la raison pour laquelle il est d'autant plus absurde de prétendre aujourd'hui que l'électrohypersensibilité serait une maladie alors que la réponse scientifique ne serait-elle pas plutôt de dire que l'absence d'électrohypersensibilité serait une pathologie due à une altération du génome ?

Quelle que soit la réponse à ces questions, il est intéressant de lire que l'Université populaire de Lausanne en Suisse vient de prouver que l'hypersensibilité naturelle est une réalité, que des personnes naissent et meurent en étant hypersensibles, qu'elles sont tout-à-fait normales et qu'elles possèdent même un haut potentiel supérieur à la normale (Écouter l'émission).

Glossaire

électrosensibilité : tout l'univers du vivant est électrosensible. C'est une caractéristique de réceptivité de l'organisme humain par un ou plusieurs de nos 5 sens mais elle n'est pas assimilable au ressenti qui est défini par la sensitivité (voir ci-après). L'électrosensibilité n'est pas une maladie.

électrohypersensibilité : seuls quelques individus le sont et ceci est génétique (sourciers comme d'autres hypersensibilités telle que l'oreille absolue, etc.). C'est le gradient le plus élevé de l'électrosensibilité dont l'accuité se déplace sur une échelle allant du - au +. L'électrohypersensibilité n'est pas une maladie.

électrohypersensitivité : elle représente la réaction d'un organisme perceptible au niveau de l'un ou plusieurs des 5 sens face à un événement (stimulus) extérieur de nature électrique/électromagnétique et elle décrit l'amplitude de cette réaction. Les électro-hypersensibles y sont forcément sujets mais également toute autre personne devenue réceptive en raison d'une pollution de leur organisme (par exemple aux métaux lourds). L'électrohypersensitivité n'est pas une maladie.

SICEM : syndrome en 3 phases se développant à la suite d'une certaine durée d'exposition aux champs électromagnétiques et évoluant en phase 3 (si l'exposition à la pollution se prolonge) sur des pathologies graves. La durée d'exposition nécessaire à l'appartition d'un SICEM apparaît plus courte pour les électrohypersensibles et des personnes devenues réceptives à cause d'une pollution de leur organisme par des métaux lourds - et ces personnes le vivent en douleur - que pour les non-électrohypersensibles qui le vivent sans rien ressentir et que l'on diagnostique généralement trop tard lors du franchissement d'un seuil pathologique irréversible. Le SICEM n'est pas une maladie.

 
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